Le groupe Carrefour "éduque" ses fournisseurs à la RSE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par LE GAL   
Lundi, 06 Juin 2011 15:56

Le groupe carrefour est engagé depuis 1998 dans une politique d’achat durable. Sandrine Mercier, Directeur Développement Durable Carrefour France décrit comment le groupe de distribution français soumet l’ensemble de ses fournisseurs à un diagnostic d’évaluation de responsabilité sociétale.

Le journal Le Monde dans son édition du 17 mai 2011 a publié une étude sur les politiques d’achat « durable » dans laquelle le groupe Carrefour obtient, pour le secteur de la distribution, la meilleure notation possible sur les trois critères d’évaluation, quelle est votre réaction ?

Ce résultat est la reconnaissance de la politique d’achat durable que nous avons mise en place depuis 1998 à l’époque où l’on ne parlait pas autant de développement durable qu’aujourd’hui. C’est la concrétisation des efforts que nous effectuons pour intégrer dans nos pratiques d’achat des critères de sélection, en particulier environnementaux. A titre d’exemple, notre politique d’achat durable contribue depuis plusieurs années à la lutte contre la déforestation à travers le développement de notre filière certifiée pour l’approvisionnement du TEK ou bien encore le choix de papiers issus de forêts éco-gérées pour réaliser nos catalogues produits. Le résultat de cette étude indépendante parue dans le journal Le Monde nous mobilise d’autant plus que cette politique n’est pas toujours perceptible par le consommateur.

Vous soumettez depuis 2006 quelques 3000 de vos fournisseurs à un autodiagnostic annuel de performance développement durable, pouvez-vous nous exposer les raisons de cette initiative (engagée en partenariat avec WWF) ?

En 1998, nous avons estimé qu’il était nécessaire d’avancer et de progresser sur le sujet du développement durable. Nous avons lancé avec nos partenaires WWF et l’Ademe, un programme permettant l’évaluation de nos fournisseurs. Au-delà des valeurs que nous défendons, nous considérons que les enjeux environnementaux et sociaux peuvent potentiellement constituer des risques en termes d’image, avec des implications économiques fortes pour le groupe. Nous ne voulons pas que la marque carrefour soit associée à des problématiques environnementales et sociales majeures (déforestation, travail des enfants…). La maitrise de la chaîne d’approvisionnement constitue dès lors un volet important de notre stratégie d’entreprise.

Quelles sont les fonctionnalités de l’outil d’auto-évaluation ?

Concrètement, nous avons élaboré un outil qui permet à l’ensemble des fournisseurs de notre marque distributeur de s’auto-évaluer sur les trois piliers du développement durable (économique, social, environnement). Cet outil offre la possibilité à chaque fournisseur de se situer par rapport à la moyenne de son secteur d’activité et de bénéficier des bonnes pratiques, par un partage d’expériences. L’objectif est de montrer comment progresser. La mise en place des trophées développement durable du groupe Carrefour qui récompensent les meilleures pratiques et initiatives de nos fournisseurs s’inscrit également dans cette logique.

Comment jugez-vous la progression des performances de vos fournisseurs sur le thème de développement durable depuis 2006 ?

Lors de son lancement, l’autodiagnostic de performance « développement durable » a suscité quelques réticences de la part de certains fournisseurs, très réservés à l’idée de communiquer sur des informations, en particulier économiques qui, pensaient-ils, pouvaient être utilisées par nos acheteurs. Depuis 1998, nous constatons de la part de certains de nos fournisseurs de belles progressions, en particulier sur le volet environnemental. L’outil est devenu pour eux un levier de progression de leur performance en interne.

Les plus retors se placent-ils sous le coup d’une sanction ?

Les fournisseurs qui refuseront de se soumettre à l’auto-évaluation prennent le risque, à terme, de ne plus être référencés par le groupe. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Notre objectif est d’évaluer les risques sur notre chaîne d’approvisionnement. Nous n’imposons pas à nos fournisseurs des niveaux de performances RSE. Nous les incitons à s’inscrire dans une démarche d’amélioration continue, en cohérence avec notre politique qualité et de développement durable.

Pensez-vous que les acteurs du secteur agro-alimentaire peuvent raisonnablement produire de « manière responsable » sans que cela ait des répercussions sur les prix ?

Dans un contexte d’augmentation du prix de l’énergie, une meilleure maîtrise des consommations est profitable, au même titre que la réduction des emballages. Dans ce cas, il n’y as pas incompatibilité entre protection de l’environnement et performances économiques. Le cas de la production biologique est quelque peu différent. Les quantités produites et les rendements qui nécessitent plus de mains d’œuvre conduisent inévitablement à des niveaux de prix plus élevés que les produits alimentaires « conventionnels ».

Le site du groupe Carrefour dédié au développement durable.

Les rapports RSE du groupe Carrefour

 

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