Afaq 26.000, un regard d'expert sur la performance RSE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par LE GAL   
Mardi, 27 Mars 2012 14:20

AFNOR Certification[1] a développé en 2007 un outil d’évaluation des démarches RSE à partir des référentiels internationaux, et fort de cette expertise, l’a consolidé en 2010 à partir des lignes directrices de la norme ISO 26.000. Erwan Chagnot auditeur/évaluateur référent environnement et RSE  (basé à Rennes) au sein de l’Afnor nous présente les modalités et les avantages du modèle d’évaluation AFAQ 26.000.

 

En quoi l’évaluation AFAQ 26.000 se différencie t’elle des pratiques de certification, type ISO 9001 ?

La certification d’un processus de management et d’organisation est généralement fondée sur des exigences décrites dans les normes ISO (9001, 14001, OHSAS 18001….). La norme ISO 26.000, contrairement à celles précitées, est non certifiable. En effet, c’est une norme de comportement qui ne fixe pas d’exigences relatives au système de management. C’est la raison pour laquelle nous parlons d’évaluation et non pas de certification. Car en matière de responsabilité sociétale, les pratiques à déployer par les entreprises peuvent être différentes en fonction du secteur d’activité, de la zone géographique d’implantation, des attentes des parties prenantes.

Quels sont donc les critères qui sont utilisés pour effectuer cette évaluation ?

L’évaluation permet une mesure équilibrée des stratégies, des déploiements et des moyens qui sont mis en œuvre par l’entreprise pour contribuer à la notion de développement durable. L’outil d’évaluation aborde la question de la responsabilité sociétale de façon transversale dans une approche aussi exhaustive et contextualité que possible. L’analyse est organisée à partir des éléments qui structurent le fonctionnement de l’entreprise. Elle prend en compte les pratiques d’une part, les résultats de l’autre.

De quelles manières ces pratiques se définissent-elles ?

Nous avons constitué un référentiel d’évaluation des pratiques stratégiques et managériales que nous avons décliné en 5 critères : 1) La stratégie, c'est-à-dire la vision de l’entreprise en termes de responsabilité sociétale et de gouvernance. 2) La RSE et la communication c'est-à-dire la manière dont l’entreprise intègre dans ses pratiques de communication (interne et externe) cette question. 3) Les ressources humaines, dans une perspective de valorisation du capital humain. 4) Les modes de production et de consommation durable définis à partir de l’offre mais également le management environnemental interne de l’entreprise. 5) Et, enfin, l’ancrage territorial, c'est-à-dire la capacité de l’entreprise à participer à la valorisation économique, social et environnemental de son territoire.  A partir de ces cinq critères, l’évaluateur cherche à déterminer la manière dont l’entreprise prend en compte les enjeux, les intègre dans sa stratégie et les déploie en mobilisant (responsabilisant) ses équipes.

Les résultats évalués, quels sont-ils ?

Pour être le plus exhaustif possible, nous consolidons l’évaluation des pratiques par une évaluation des critères de résultats qui correspondent aux trois piliers du développement durable : économique, social et environnement. Il ne s’agit pas d’évaluer la performance des résultats mais la capacité de l’entreprise à effectuer les mesures pertinentes, c'est-à-dire sa capacité à piloter sa démarche et à gérer ses impacts à partir d’indicateurs, dans une perspective d’amélioration continue.

 

« Seulement 11 % des évaluations que nous avons réalisées l’ont été dans des entreprises

de 1000 salariés »

 

Au-delà des critères analysés, comment se déroule la mission d’évaluation ?

Les phases d’évaluation sont assez classiques dans leur déroulement. Nous débutons la mission par une phase de recueil des données sur le site à partir d’une analyse documentaire. La seconde phase de l’évaluation est une phase de collectes des données réalisées sous forme d’interviews avec les personnes en charge du management. Ces données sont consolidées dans une troisième phase par l’organisation de focus groupe internes d’une part, et par des rencontres avec des parties prenantes externes de l’entreprise d’autre part.

Quel est l’intérêt pour une entreprise de se faire évaluer ?

L’évaluation permet d’apporter un regard externe et une expertise sur l’ensemble de l’organisation de l’entité évaluée. Cette évaluation se matérialise par la remise d’un rapport qui fournit des préconisations et des conseils au regard des points forts et les points d’amélioration identifiés par les auditeurs. L’évaluation permet par ailleurs à l’entreprise de communiquer sur son engagement sociétal en faisant valoir le « certificat » que nous délivrons, à condition toutefois que le niveau de performance de l’entreprise se situe au-delà des 300 points sur l’échelle de maturité défini par l’outil (échelle de 1 à 1000 points)

Quelles sont les entreprises concernées par cette évaluation ?

Les modalités de l’évaluation s’adaptent à tous les types d’organisation, quels que soient la taille et le secteur d’activité. Au niveau national, nous avons réalisé depuis trois ans plus d’une centaine d’évaluation à partir des outils 1000 NR et AFAQ 26.000. Contrairement aux idées reçues, ils n’y a pas que les très grosses entreprises qui s’intéressent à la RSE. Seulement 11 % des évaluations que nous avons réalisées l’ont été dans des entreprises de 1000 salariés. C’est très peu si l’on compare aux évaluations réalisées dans les PME de 1 à 100 (51 %).

Dans quels secteurs d’activité ces évaluations sont-elles réalisées?

Tous les secteurs d’activité peuvent être concernés par l’évaluation : 29 % des évaluations ont été réalisées dans le secteur des services, 24 % dans celui la construction et du BTP, 11 % dans les coopérative agricole et autant dans le secteur de l’agro-alimentaire, sous la pression entre autre de la grande distribution.

 


[1] AFNOR est un groupe international de services organisé autour de 4 grands domaines de compétences : la normalisation (AFNOR Normalisation), la certification (AFNOR Certification), l’édition spécialisée (AFNOR Editions) et la formation (AFNOR Compétences). Il a comme particularité d’être au service de l’intérêt général pour sa mission de normalisation tout en exerçant une partie de ses activités dans le domaine concurrentiel : certification, formation, Ses savoir-faire sont des atouts fondamentaux mis à la disposition de plus de 75 000 clients, répartis dans 90 pays.

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