La Feuille d’Érable : Un management "émotionnel" au service de l'environnement PDF Imprimer Envoyer
Écrit par LE GAL   
Lundi, 03 Septembre 2012 08:54

Entreprise d’insertion basée à Rennes, La feuille d’érable collecte et valorise les papiers usagers et participe de fait à la protection de l’environnement. Depuis plusieurs années, l’entreprise pratique  avec succès un type de management « décalé », de type « émotionnel ». Entretien avec son Directeur Eric Challan Belval.

Pouvez-vous nous présenter en quelques mots votre entreprise ?

La feuille d’érable fêtera ses 30 ans l’année prochaine. Notre structure est née d’une utopie portée par une poignée de militants engagés dans une librairie associative qui ont souhaité développer une filière de tri et de valorisation des papiers usagers. Nous sommes aujourd’hui un des acteurs importants de ce marché. Nous nous inscrivons dans la filière du recyclage qui est très concurrentielle et où le poids des grands groupes est important.

Ce qui vous différencie c’est  votre vocation sociale !?

Absolument, nous sommes devenus une entreprise d’insertion car la nature de notre activité s’y prêtait. Notre mission consiste à redonner aux personnes en situation d’exclusion sociale l’opportunité de regagner l’estime de soi par le travail et d’être un véritable tremplin vers un emploi durable. Mais attention, nous ne sommes pas dans logique d’assistanat mais bien de valorisation des compétences par le travail. Nous sommes pleinement une entreprise, mais une entreprise qui réserve un certain nombre de postes à des personnes en situation d’exclusion.

C'est-à-dire ?

C'est-à-dire que nos collaborateurs, en dépit de leurs difficultés passées, sont des salariés à part entière. Ils sont recrutés à l’issue d’un processus de recrutement classique,  bénéficient d’un contrat de travail de droit commun et sont soumis au respect des règles du jeu qui régissent le bon fonctionnement de l’entreprise… En fait, nous leur apportons le cadre nécessaire pour qu’ils puissent se reconstruire.

Le type de management semble malgré tout un peu différent, adapté ?

Le fonctionnement de l’entreprise s’appuie sur des valeurs humaines fortes qui s’expriment par la mise en place d’un  management de type plus « émotionnel » ou « emphatique », associé à un management participatif et responsabilisant. Les résultats se mesurent en termes de qualité de service rendu à nos clients,  indispensable à notre réussite commerciale.  Nous sommes un modèle d’entreprise alternative qui préfigure ce que sera l’entreprise de demain.

Comment définissez-vous ce management émotionnel ?

L’adaptation d’un individu à un poste de travail dépend autant de ses qualités techniques que de ses qualités humaines. L’entreprise est un puzzle d’individus. Il faut mettre la bonne personne au bon endroit. L’entreprise ne peut donc pas ignorer la dimension sensible de notre personnalité. C’est un élément fondamental d’efficacité et de bien être au travail. Le management « émotionnel » se caractérise par l’écoute et l’empathie que les managers manifestent vis-à-vis des collaborateurs.

 

"Nous sommes un modèle d'entreprise alternative qui préfigure ce que sera l'entreprise de demain."


Ce type de mangement est-il adapté aux attentes des générations Y ?

La valeur travail telle qu'on la présente depuis 30 ans est dégradée chez l’individu de la génération Y. L’entreprise doit prendre en compte et s’adapter à cette nouvelle donne en identifiant les moteurs de motivations de cette génération marquée par une recherche d’éthique. La génération Y n’est pas ingérable si l’entreprise fait preuve de reconnaissance, de transparence et d’honnêteté à son égard. Au contraire, j’ai la conviction que cette génération dispose d’une véritable capacité de mobilisation et d’implication au travail à condition que l’entreprise donne du sens à l’activité économique.

C'est-à-dire ?

Il faut être capable de valoriser auprès des collaborateurs ce qui est bien, en évitant de focaliser uniquement sur ce qui ne va pas ! Un défaut du management classique à la française. Les jeunes ont besoin de cette marque de reconnaissance qui va au-delà du rapport rétribution/contribution. La transparence et l’honnêteté  constituent deux valeurs auxquelles les individus de la génération Y sont attachés. Ils ne peuvent pas évoluer dans une construction « manipulatrice » basée sur la recherche exclusive de résultats financiers.

Quelles sont les ambitions de la feuille d’Erable ?

Nous évoluons dans un contexte concurrentiel très fort, sur un marché où la volatilité des cours du papier et des cartons est marquée. Ce contexte nous pousse à grandir. Notre ambition est de développer notre activité sur les quatre départements bretons. Nous avons dernièrement ouvert une antenne sur Lorient (56).

D’une manière générale, comment se porte le marché du papier ?

Nous sommes dans une situation paradoxale. D’un côté, la demande de papier recyclé n’a jamais été aussi forte et de l’autre, les papetiers français souffrent parce qu’ils ne disposent pas des quantités suffisantes de matières (papier usagers) pour répondre et satisfaire la demande.

Pourquoi ?

Parce que les acteurs asiatiques pour faire tourner leurs usines sont souvent mieux-disant en termes de prix de rachat de papier auprès des collecteurs. A la feuille d’Erable, nous sommes engagés dans la défense des intérêts que nous partageons avec les papetiers européens. Tous nos papiers collectés partent dans une filière française de valorisation. Nous avons une rentabilité à 2 chiffres, ce qui signifie qu’en défendant des valeurs, on peut également faire des affaires !

 

Site de la feuille d'érable


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